Collectivité Territoriale de Corse

Visite de rentrée de l'école élémentaire bilingue Sandreschi le 3 octobre à Corté

Mercredi 5 Octobre 2011



Visite de rentrée de l'école élémentaire bilingue Sandreschi le 3 octobre à Corté
Pierre Ghionga, Conseiller exécutif chargé de la langue corse et Michel Barat, Recteur de l’Académie de Corse se sont rendus à l’école élémentaire bilingue Sandreschi, le lundi 3 octobre 2011 à 14h30 à Corte.

La Collectivité territoriale de Corse s’est engagée pour les années 2007-2013 sur un projet éducatif et sociétal qui affirme l’importance de la langue corse comme lien social, comme ressource de développement et en tant que patrimoine.

Elle a notamment mis en place une stratégie éducative visant à offrir à tous les élèves la perspective d’un bilinguisme ouvert au plurilinguisme. Un des objectifs est d’intégrer la langue et la culture corses à tous les niveaux d’enseignement et de formation.

L’ambition de la collectivité est désormais de franchir un pas…

Pare chì a lingua corsa duvissi fà parte di u « zocculu » cummunu di cunniscenze di l’elevi. In u filu di a lege di u 22 di ghjennaghju 2002 è di a nostra vulintà di rinfurzà a cuesione suciale è a riescita sculare di l’elevi, pare necessaria, oghje, d’uttene chì l’insignamentu di trè ore sia ricunnisciutu ubligatoriu in e filiere ch’ùn sò bislingue omancu in u primu tempu da a scola materna à a sesta.*

*Strattu di u fogliu di strada di Petru Ghionga.

U situ bislinguu Sandreschi di Corti

Ce site méritait un éclairage pour cette rentrée, car il est particulièrement dynamique et attractif, tant par la qualité de l’enseignement offert que par l’innovation pédagogique dont l’équipe a toujours su faire preuve.

Il dispose désormais d’une filière complète et à même de fournir un vivier suffisant  pour assurer la continuité de cet enseignement au collège de Corti. 

La politique de la Collectivité Territoriale de Corse

Le développement et la promotion de la langue corse figurent au cœur de la politique menée par la Collectivité Territoriale sur les plans socio-économique et culturel. Comme en témoigne la feuille de route relative à la langue corse présentée en juillet 2011 par Pierre Ghionga à l’Assemblée de Corse, il est pour nous un devoir d’œuvrer à la sauvegarde, à la promotion et à la diffusion de notre patrimoine linguistique, en renforçant sa présence, de même que sa visibilité, dans tous les secteurs de la vie publique et privée.

La Collectivité Territoriale de Corse s’est engagée à partir de 2007 sur un projet éducatif et sociétal qui affirme l’importance de la langue corse comme lien social, comme ressource du développement et en tant que patrimoine. La feuille de route trace des perspectives encore plus volontaristes, en prévision de la nouvelle planification dont les travaux débuteront en 2012. 

L’enseignement de la langue corse dans le premier degré

En application de l’article 7 de la loi du 22 janvier 2002 relative à la Corse, un enseignement de la langue corse doit être offert dans le cadre de l’horaire normal de toutes les classes préélémentaires et élémentaires.

Le plan de développement de cet enseignement est adopté par l’Assemblée de Corse et sa mise en œuvre fait l’objet d’une convention avec l’Etat.

A la suite du vote du volet « lingua è cultura corsa » du PRDF (Plan de développement des formations) adopté en juin 2006 par l’Assemblée de Corse, deux  conventions ont ainsi été signées avec l’Etat le 26 octobre 2007, l’une portant sur les objectifs, l’autre fixant les moyens financiers et les programmes d’accompagnement (6 M€ pour la période 2007-2013).

La stratégie et le développement de l’enseignement de la langue corse sont soutenus par deux axes principaux :
  1. une stratégie éducative visant à offrir à tous les élèves la perspective d’un bilinguisme ouvert au plurilinguisme,
  2. l’intégration de la langue et de la culture corses à tous les niveaux d’enseignement et de formation.

Axe n° 1 : Une stratégie éducative visant à offrir à tous les élèves la perspective d’un bilinguisme ouvert au plurilinguisme

La stratégie est de bâtir progressivement à partir de la généralisation du bilinguisme à l’école maternelle, un modèle d’enseignement bilingue appelé à se généraliser.

● Ecole maternelle : 
Article 1er de la convention : « L’organisation d’un enseignement bilingue sera généralisée dans toutes les écoles maternelles en sept ans (2007-2013).
L’objectif est la mise en place d’une filière bilingue dans toutes les écoles maternelles à partir de la rentrée 2007, prioritairement pour les écoles de quatre classes et plus
. »

-  Ecoles maternelles de 4 classes et + :
L’objectif prioritaire de la convention Etat-CTC était que la totalité de ces écoles deviennent sites bilingues au plus tard à la rentrée 2010. 

92 % sont aujourd’hui sites bilingues, soit 35 sur 38. A noter qu’en Corse du Sud cet objectif a été atteint à 100 %.
Aujourd’hui, le nombre d’élèves scolarisés en maternelle bilingue est de 31,5 % (2 808 élèves sur 8 909).
Ce taux, si le rythme d’ouverture de filières reste soutenu, permet d’atteindre les seuils définis pour l’école élémentaire.

● Ecole élémentaire :

Deux objectifs principaux ont été actés dans la convention Etat-CTC 2007-2013 :  

- Achever le maillage du territoire en sites bilingues du 1er degré en 2010 : 
Les secteurs de collèges identifiés dans le PRDF comme « lacunaires » sont désormais pourvus depuis 2 ans.
Il importe à présent de renforcer le recrutement des filières bilingues dans chaque secteur, particulièrement là où le vivier est insuffisant pour alimenter des 6èmes complètes (exemple : Biguglia, Lucciana, Vicu…).

- Atteindre un pourcentage minimal à certains niveaux clés : 
Le seuil fixé par la convention est de 33 % des élèves de CP et de  25 % des élèves de CE1 en classe bilingue en 2013. Pour mémoire ces pourcentages étaient respectivement de 16,3 et de 18 à la rentrée 2007.
Ces pourcentages sont actuellement de : 25,2 % en CP et 23,5 % en CE1 (chiffres de l’enquête rectorale de la fin 2010).

Ensemble du 1er degré :

Près d’un quart des élèves sont scolarisés dans les classes bilingues du 1er degré.
Le nombre de sites bilingues a quasiment triplé depuis 2006 : il est de 106 écoles sur 255, soit 42,3 % (36 sites en 2006),
346 enseignants sont habilités à dispenser l’enseignement bilingue, soit 28,2 % (19 % en 2006).

Plusieurs objectifs:

►  L’augmentation du pourcentage réservé au concours spécifique de recrutement des professeurs des écoles (50 % aujourd’hui). L’objectif prévu dans le PRDF  est de 60 % en 2012. Or, aujourd’hui, ce concours reste confronté à un vivier insuffisant. C’est pourquoi l’Assemblée de Corse a adopté récemment  le  dispositif  « Maestranza » visant à soutenir par des bourses les étudiants de Master s’engageant dans la filière de préparation du concours bilingue.
 
Le « plan exceptionnel de formation des enseignants au bilinguisme » préconisé dans le PRDF au regard du volontarisme des objectifs de développement .
Dans cette perspective, la CTC a proposé au Rectorat un groupe de travail bipartite sur la question de la formation des enseignants, qui sera réuni très prochainement.

►  La promotion du système « un maître, une langue » auprès des équipes pédagogiques, tant au vu de son intérêt pédagogique que pour permettre une progression plus rapide du nombre de classes bilingues, un maître habilité pouvant prendre en charge 2 classes pour la moitié de l’horaire.

Cette méthode inscrite au PRDF et dans la convention Etat-CTC 2007-2013 est utilisée avec succès au Pays Basque et en Alsace.

Le volume horaire d’enseignement en langue corse en classe bilingue doit progressivement atteindre partout la parité avec celui du français, conformément aux textes.

►  L’expérimentation de l’immersion

Le système d’immersion n’est pour l’heure pratiqué en France que dans les écoles associatives (Bretagne, Pays Basque, Catalogne, Occitanie). Il est prohibé dans les écoles publiques, du fait de l’interprétation de la loi Toubon par le Conseil d’Etat.  Pourtant, cette méthode a fait partout la preuve de son efficacité en termes de compétences linguistiques (qui, rappelons-le, en sont améliorées dans toutes les langues pratiquées ou étudiées par les élèves).

La CTC souhaite une expérimentation d’un enseignement à trois-quarts du temps en langue corse en attendant l’adaptation de la loi Toubon qui sera demandée dans le cadre d’un projet de statut pour la langue corse. 

Axe n° 2 : Intégrer la langue et la culture corses à tous les niveaux d’enseignement et de formation

● Hors enseignement bilingue :

L’enseignement dit extensif, auquel est fixé un objectif de trois heures hebdomadaires,concerne un peu plus de 27,97 % des élèves (3 heures).

46,41 % des élèves reçoivent un enseignement de moins de 3 heures :
22,6 % à raison d’1 heure 30 
11,7 % entre 1 heure 30 et 3 heures 
12,2 % moins de 1 heure 30.

Des progrès réguliers ont été réalisés depuis 2006, inversant les proportions (64 % des élèves avaient alors moins de 3 heures d’enseignement), mais il importe de parvenir rapidement aux 3 heures effectives.

Or, le nombre de classes nécessitant l’appel à des intervenants qui statutairement  ne peuvent dispenser plus d’1 heure 30 demeure très important (32 intervenants dispensent 462 heures dans 322 classes). Cet état de fait est révélateur d’un manque de ressources dans les écoles.