Collectivité Territoriale de Corse

Visite du Président de la République en Corse

Mardi 28 Août 2007



Le Président de la République s'est rendu le 28 août 2007 en Corse.

Il était accompagné de Mme Michèle Alliot-Marie, Ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des Collectivités territoriales, et de Mme Rachida Dati, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice.

Programme de la journée :

11h00 Bocognano (Corse du Sud) - Chantier d'élargissement d'une route nationale
Échange avec les élus locaux sur le thème de l'aménagement et du développement du territoire insulaire
Rencontre avec des ouvriers du chantier

12h00 Porto-Vecchio (Corse du Sud)
Déplacement en centre-ville et passage à la mairie

15h00 Saint Florent (Haute-Corse)
Réunion avec des victimes du racket

16h45 Aéroport de Bastia Poretta (Haute-Corse)
Rencontre avec les sapeurs pompiers (point sur la lutte contre les feux de forêt)


Discours du Président de la République à Bocognano

" J'ai voulu venir en Corse avant la fin de cet été pour dire à la Corse que je ne l'ai pas oubliée, les documents que nous a présentés le Président de la Collectivité Territoriale de Corse ne m'ont pas étonné puisque j'ai eu à mettre en oeuvre le Plan exceptionnel d'investissement, à négocier le Contrat de projet avec l'Etat et à me battre avec Bruxelles pour obtenir les crédits pour la Corse. 

Depuis 2002 la Corse a fait beaucoup de progrès, la Corse s'est développée, c'est une des régions dont le développement a été le plus important, il y avait du retard, la République a fait son devoir vis-à-vis de la Corse et je veillerai à ce qu'elle continue à le faire, la réponse au problème de la Corse c'est le développement économique. 

La Corse a trois handicaps qui peuvent être des opportunités : 
La Corse est une île donc tout ce que l'on importe coûte cher, 
la Corse est une montagne donc les équipements structurants coûtent plus chers 
et la Corse a un troisième handicap dont on ne parle pas assez, la Corse a une démographie trop faible 250 000 habitants et chacun comprend bien que c'est trop faible pour faire un marché qui permet un développement économique endogène si l'on compare à la Sardaigne à la Sicile c'est un problème majeur, la Corse c'est la République et c'est la France. 
Parce que la Corse c'est la France, la Corse doit pouvoir s'appuyer sur la solidarité nationale et les crédits dont vous avez parlé ? 
Ce n'est pas la charité, la Corse a besoin de cette aide pour contribuer au développement de la France. 

Parce que la Corse c'est la République les comportements de chacun en Corse doivent être conformes aux valeurs de la république et c'est ce que nous sommes venus dire avec Michelle Alliot-Marie, nous aurons l'occasion de revenir d'ici à la fin du mois d'octobre et je peux vous annoncer pour la première fois en Corse se tiendra un Conseil des ministres décentralisé sur le territoire de l'île ce qui sera l'occasion Michelle pour nous de venir deux jours, une première journée nous la consacrerons aux problèmes de la Corse et notamment nous veillerons à ce que les financements qui nous ont été promis soient tenus, je le dis au Préfet, il n'y a pas un ministère qui peut s'exonérer de cet effort, que cela soit du financement des administrations de l'Etat ou des agences ces financements doivent être versés parce que c'est la parole de l'Etat parce qu'ici en Corse on fait confiance à l'Etat, on a une tradition du service public et ce sera l'occasion chère Michelle de tenir un certain nombre de comités interministériels pour apporter les réponses s'il doit y avoir des incertitudes, en tout cas je n'ai pas l'intention de laisser reprendre par quelque administration les engagements que j'ai eu l'occasion d'obtenir et qui ont porté leurs fruits et puis vous savez qu'au début du mois de septembre je serais en Alsace pour tenir un Conseil des ministres décentralisé, il faut que le Conseil des ministres se décentralise parfois pour bien montrer que tous les territoires de la République sont à égalité de droit et de devoir au regard de l'Etat et je trouve que c'est une très belle image que celle d'un Conseil des Ministres en Corse. 

Cette île qui a tellement souffert parce que les premières victimes de la violence, du racket, de la mafia, des cagoulés ce sont les Corses et je n'ai pas l'intention de les laisser seuls face à cela même si les progrès ont été accomplis et que chacun l'entende bien, l'Etat républicain est prêt à parler à discuter mais il n'est pas prêt à céder sur ses valeurs ici si l'on veut travailler on travaille et on aura la récompense, si l'on veut poser des bombes l'Etat sera au rendez-vous pour la punition. 
J'aurai l'occasion avec Michelle Alliot-Marie de rencontrer des victimes du racket, je veux saluer le courage de ceux qui ont relevé la tête pour dire ce n'est pas admissible, l'Etat sera totalement à leurs cotés. 

Monsieur le Président de la Collectivité, monsieur le Président de l'Assemblée, monsieur le Maire d'Ajaccio, monsieur le Sénateur, mesdames et messieurs les élus je crois en la pertinence du PEI.
Il sera appliqué scrupuleusement parce que la Corse a besoin de ces infrastructures pour se développer et au fond cette première démarche avec Michelle c'était pour montrer à ceux dont je sais que l'âme est si sentimentale qu'ils se demandent toujours si l'accumulation des soucis ne va pas les faire qu'on l' oublie et bien on ne l'a a pas oubliée et croyez bien qu'elle a une place bien particulière dans mon cœur compte tenu des innombrables déplacements que j'ai fait ici, de tout ce que nous avons connu ensemble de joies très grandes et de peines parfois, je sais très bien qu'il y a une attente et une espérance et Simon ne m'en voudra pas que j'ai été touché par le soutien et la confiance de la Corse aux dernières élections et tu sais très bien que cela va au-delà de ma famille politique parce que les corses ont compris que je les aimais et que je voulais parler en leur nom, c'est une région qui a besoin de développement et de sécurité. 

Ce développement et cette sécurité avec la ministre de l'intérieur nous allons vous la garantir. Je trouvais que venir ici à Bocognano dans ce site magnifique permettait de montrer à tous la difficulté des réalisations. Je voudrais remercier les ouvriers qui travaillent sur le chantier, les ingénieurs, les techniciens parce qu'ils font du bon travail et on voit bien que pour réaliser ici une déviation de 7 Km c'est plus difficile qu'ailleurs parce que c'est la Corse, c'est magnifique et naturellement il faut rapprocher Bastia d'Ajaccio qui s'entendent si bien par ailleurs c'est évident et c'est parce que c'est évident qu'il fallait le dire. 

Nous allons faire une longue route, nous allons faire de nombreux déplacements mais c'était aussi avec la Ministre pour dire à tous les corses que dans mon esprit il n'y a pas une région privilégiée, la Corse doit être unie face à son développement j'aurais l'occasion d'ici à la fin du mois d'octobre de revenir sur l'ensemble des problèmes, des problèmes culturels, le problème de la langue, de l'économie, de l'université qui est pour moi quelque chose d'extrêmement important et à la différence de nombre de mes amis je n'ai jamais pensé que mettre une université en Corse était une erreur j'ai toujours pensé que c'était une opportunité à une condition c'est que les corses comprennent que l'université de Corte elle aura vraiment réussi quand il y aura des étudiants qui ne sont pas corses qui demanderont à y faire leurs études et qu'il y aura ce mélange qui ne nuira nullement à l'identité de la Corse. 

Quand on est fier de la culture corse, de l'identité corse on n'hésite pas à la partager à la rencontre, je rêve que des étudiants viennent en Corse pour la qualité de l'enseignement à Corte, et qu'on ne vienne pas me dire que l'université de Corte elle est réservée aux seuls étudiants corses, ce doit être un lieu ouvert, un lieu de rayonnement, il ne doit pas y avoir de tabous. 
Nous nous en parlerons, je suis tout à fait prêt à parler de tous les sujets y compris le sujet plus sensible, plus difficile qui touche l'âme corse et la solidarité des corses et je ne parlerai qu'avec des gens honnêtes qu'avec des gens qui parlent à visage découvert et non pas avec des cagoulés et ceux qui défendent et comprennent les cagoulés. 
Et je suis prêt à parler de beaucoup de choses, la langue corse c'est quelque chose qui compte au village, on peut parler corse au village et aimer la République et aimer la France et je ne laisserai pas le monopole de la défense du corse à ceux qui veulent s'arroger comme les propriétaires d'une identité corse dont ils ont oublié qu'elle était faite d'hospitalité que le racisme lui était étranger, ceux qui veulent parler de bonne foi, honnêtement et bien nous sommes prêts. 
Ceux qui ne comprendront qu'il y a des règles en Corse qui s'appliquent comme ailleurs nous n'avons rien à leur dire si ce n'est que la politique de sécurité que nous conduirons sera sans faiblesse. Je l'avais dit à bien des époques lorsqu'il s'agissait de retrouver Colonna, lorsqu'il s'agissait de poser la question Pieri je sais que beaucoup de corses ne m'ont pas cru à ce moment là et aujourd'hui quelques années plus tard ce que j'avais dit je l'ai fait cela a pris du temps mais nous l'avons fait, la Corse je l'aime trop pour la laisser dans les mains d'une mafia politique ou d'une mafia économique, la Corse elle a besoin d'autre chose pour l'avenir de ses enfants et à partir du moment où l'on comprend ça on peut discuter de tout y compris des problèmes douloureux et difficiles des familles de ceux qui sont en prison, je n'ai pas peur d'évoquer cela je discuterai avec de gens honnêtes, en plein jour, pas avec des complices que les choses soient parfaitement claires, parfaitement entendues, je tiendrai tous les engagements. 
J'ai demandé à Michelle de regarder ça de très près et que l'on n'attende pas de moi de la complicité ou de la faiblesse à l'endroit de ceux qui posent des bombes qui rackettent et qui prennent en otage l'île. 
La Corse m'a fait confiance, je veux mériter cette confiance mais sur les valeurs et sur les principes de la République pas sur autre chose ! 
Mais je connais très bien les sentiments des corses à l'endroit des familles qui sont dans la souffrance, on répondra présents mais que les choses soient très claires entre nous, pas d'ambigüités, il y a des valeurs qui sont celles de la République et la Corse c'est la République et c'est la France, la France on n'en discute pas c'est une réalité, la République on n'en discute c'est une réalité si l'on accepte ça on peut discuter de tout autre chose, sans tabous et sans humilier personne, mais on ne négocie pas les valeurs de la République et on ne négocie pas l'appartenance de la Corse à la France et j'estime qu'avec tout ce que l'on a fait depuis 2002 je le dis à Ange et à Camille et à tous les élus j'estime que je peux dire ça droit dans les yeux à la Corse avec une certaine crédibilité, j'ai été à tous les rendez-vous y compris le rendez-vous de la Corse avec l'Europe ce qui n'était pas si simple, le rendez-vous des zones franches chaque fois vous avez pu compter sur moi mais que l'on ne compte pas sur moi pour reculer sur les valeurs qui sont les miennes, la solidarité et l'amitié ce n'est pas la faiblesse et la complaisance et je peux vous dire une chose c'est que ça me fait bien plaisir de vous le dire parce que chacun l'a compris c'est une forme de déclaration d'amour exigeante certes mais les corses doivent savoir qu'ils peuvent compter sur l'Etat et nous incarnons cet Etat avec la Ministre de l'Intérieur vous pouvez compter sur nous mais pas de complaisance avec ceux qui ne comprennent ni la République, ni la France. "