Assemblée de Corse



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Contribution de Dominique Bucchini, au nom du groupe Elus Communistes

Le 17 mars 2017






Dominique Bucchini, Président de groupe
Dominique Bucchini, Président de groupe
Les sessions budgétaires de l’Assemblée de Corse permettent d’apprécier les orientations de la majorité dans le cadre d’une programmation contractualisée avec l’Etat et l’Union européenne.

Celle-ci repose essentiellement sur les dotations de la solidarité nationale dont le volume est en baisse. Austérité oblige, la dépense sociale utile est visée avec un impact désastreux pour les ménages populaires.

L’arrivée au pouvoir de Trump aux Etats-Unis se situe dans cette logique agressive d’une financiarisation à outrance de l’économie et d’une vision du monde se résumant uniquement à l’accumulation du profit capitaliste. Les guerres, pour contrôler les gisements de ressources naturelles, viennent accentuer les inquiétudes.

L’effet domino d’un CETA ou d’un TAFTA, d’un « Brexit dur » sauf pour la finance, ne peut être évacué de la réflexion et l’optimisme prévaloir, quand la volonté politique dominante n’est pas celle d’une Europe sociale et solidaire, mais d’une construction ultralibérale articulée sur l’objectif de réduction du déficit public sous les 3% de PIB.

Le gel des dotations après celui de la continuité territoriale, plus ancien, est au cœur de cette politique qui étrangle les collectivités locales et les organismes de protection sociale. Ainsi, quand au mois de novembre dernier il est recensé, en données brutes, 29 000 personnes au chômage dans notre région, la perspective est sombre. Outre les augmentations du gaz, de l’électricité et de l’essence persistent ici la cherté de la vie et les bas salaires et un phénomène de pauvreté massif dont les ressorts ne sont pas qu’au niveau du gouvernement ou de la Commission européenne. Le préfet de région soulignait lors de son passage à Cuntrastu que la forte croissance de ces 20 dernières années n’avait pas donné lieu à une juste répartition de la richesse.

Or sur cette période ce sont prés de 5 milliards dont les entreprises ont bénéficié en allégement de charges et en dispositifs fiscaux tels que la Zone franche, les réfactions de TVA le CICE et le CICo. Ce rappel nous rapproche à la fois des choix stratégiques opérés en cette première année de mandature concernant les transports et la continuité territoriale ou la fiscalité en proposant une ZFR et l’augmentation de la taxe sur les carburant. Nous nous sommes opposés à ces choix comme au maintien de l’exonération fiscale sur les droits de succession des gros patrimoines.

Nous considérons qu’ils ont rendu possible la constitution d’un oligopole par le consortium patronal, devenu propriétaire, dans ces conditions contestables, de Corsica linéa. Avec un chiffre d’affaire d’un milliard, plus de 10 % du PIB de la Corse. Il impose son propre modèle économique et social, consommateur d’argent public à travers les réfactions de TVA, le CICE ou le CICo, mais avare dés qu’il s’agit d’augmenter les salaires ou de baisser les prix sur les produits de consommation courante. C’est ce qui a motivé notre vote contre le schéma économique (SRDE2i) et pour partie notre refus de la Collectivité unique imposée sans référendum et déconnectée de l’urgence sociale.

Nous voyons également, dans la sanctuarisation des périmètres d’activité low cost au détriment des opérateurs historiques du service public, un autre élément de ce pouvoir économique dominant facteur d’inégalités sociales et territoriales accrues. La part des compagnies Low-Cost sur la période estivale ne cesse de progresser +18% sur les lignes nationales et +8% à l’international. C’est pourquoi nous n’applaudissons pas à la déspécialisation de l’enveloppe de continuité territoriale qui découle de la volonté première de dégager des excédents. La suppression de centaines d’emplois à statut et la réduction du périmètre du service public en sont le produit.

Inversement nous notons que des marges de manœuvre nouvelles permettent d’abonder, en 2017, les investissements de 40 M€. Cela conclut la période ouverte en 2008 avec les emprunts toxiques qui ont lourdement pesé sur la structure budgétaire de la CTC avec un encours ayant atteint les 420 M€ et dans une moindre mesure l’intégration des 78 M€ d’arriérés constatés en 2016 grâce à la mobilisation de l’emprunt initialement prévu à 170 M€ et ramené à 155 M€.

On peut considérer, comme nous l’avions fait remarquer en 2016 que la renégociation des emprunts toxiques a permis une sortie rapide de la zone de turbulences d’autant que les ratios de désendettement étaient respectés. La programmation pluriannuelle de l’énergie, le plan exceptionnel d’investissements, le schéma d’investissements ferroviaires, la stratégie d’aménagement numérique, la formation professionnelle, l’enseignement et la culture au sens large des choses, seront mises en œuvre dans ce cadre. Reste le logement social enjeu essentiel, s’il en est, de la lutte contre la précarité et la pauvreté qui nécessite une concentration plus importante de moyens.

En 14 mois de mandature tel est résumé le message du groupe des élus communistes et citoyens du Front de gauche.