Assemblée de Corse



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Contribution du groupe Le Rassemblement

17 mars 2017






José Rossi, Président de groupe
José Rossi, Président de groupe

UNE LOI ET DES MOYENS ADAPTES POUR LA CORSE

La Corse est à un tournant de son histoire politique avec la perspective de la collectivité unique qui viendra se substituer aux actuels départements de Haute-Corse et de Corse du Sud, et à la Collectivité Territoriale de Corse. Un enjeu qui exige rigueur et responsabilité dans la gestion de l’institution territoriale. C’est la ligne directrice que défend notre groupe qui rassemble les forces de droite et du centre à l’Assemblée de Corse.
 
Une ligne directrice qui passe par la maîtrise de nos finances publiques en terme de fonctionnement pour mieux investir et rattraper le retard qui est le nôtre en infrastructures et équipements collectifs. Et ce, contrairement aux choix opérés par la majorité nationaliste, en se prémunissant d’un recours annuel et systématique à l’emprunt qui sera lourd de conséquences pour l’avenir. La fusion des trois collectivités doit se faire de manière convergente et être animée par un esprit de rassemblement et non se résumer à une volonté affichée de faire disparaître les conseils départementaux.

LE RESPECT DES EQUILIBRES TERRITORIAUX

D’où notre proposition d’une loi d’ensemble propre à la Corse, comme en 82, 91 et 2002, qui couvre les dimensions institutionnelle d’une part, fiscale et financière d’autre part. La validation des ordonnances par le Parlement ne constitue pas la fin de cette ambition. Notre groupe continuera à en défendre l’élaboration pour que notre architecture administrative et politique soit rénovée, notamment en associant davantage les intercommunalités qui peuvent et doivent se voir confier des compétences de proximité jusqu’alors assumées par les départements, ou encore en instaurant un mode de scrutin qui pérennise le lien de proximité entre les élus et les territoires qui composent la Corse, sans quoi le défaut de représentativité territoriale sera prégnant et préjudiciable pour l’action publique territoriale.
 
De même au niveau fiscal et financier. On n’a jamais vu de réforme statutaire dépourvue d’accompagnement financier alors même que s’amenuisent les fonds publics et que s’achève le Programme Exceptionnel d’Investissement. Avec le redécoupage des régions sur le continent en de grandes entités pourvues de moyens correspondants, la Corse, qui est davantage encore la plus petite région française, devrait pouvoir bénéficier d’un soutien différencié pérenne.

BATIR UN PARTENARIAT DURABLE AVEC L’ETAT REPUBLICAIN

La plus petite région et de surcroît, la seule région insulaire métropolitaine. Le statut d’île montagne reconnu par le législateur fin 2016 n’est pour l’heure qu’un concept qui doit trouver son opérationnalité dans l’octroi de mesures d’accompagnement qui ne peuvent se résumer à une hypothétique affectation d’une partie des reliquats de la dotation de continuité territoriale.
 
Ces orientations et leur concrétisation ne peuvent se bâtir que dans le cadre d’un partenariat apaisé avec l’Etat en lieu et place d’un rapport de force politique permanent, alimenté sciemment, qui, aussi stérile qu’inefficace, ne peut mener la Corse que dans l’impasse et attiser les tensions entre les Corses ; tensions que nous avons eu de cesse de regretter et de condamner depuis plusieurs décennies. L’épisode irresponsable de « l’avertissement » brandi par Corsica Libera sur le statut de résident il y a plusieurs semaines s’inscrit dans cette logique regrettable d’entretien des tensions.
 
L’heure est aux choix. Et choisir, c’est renoncer. A ce jour, notre groupe regrette que les nationalistes ne fassent pas de choix clairs et assumés, et qu’une partie d’entre eux continue à se complaire dans des postures d’affrontement avec l’administration centrale. Les Corses auront à en juger et se déterminer lors des futures échéances.
 
Quoi qu’il en soit, dans le cadre des travaux de l’Assemblée de Corse et  au quotidien, toujours dans la perspective d’une collectivité unique fondée sur une véritable loi qui garantisse son opérationnalité, le groupe du Rassemblement (LR-UDI-DVD) s’emploie à se saisir de tous les sujets fondamentaux pour la Corse afin que notre île, trop longtemps terre d’émigration, offre aux générations nouvelles les moyens de vivre, travailler et prospérer sur cette terre, tout en préservant son identité et son environnement d’exception.
 
C’est en ce sens que le débat institutionnel est central. La future collectivité unique doit être le cadre optimal d’exercice de nos compétences élargies et, au-delà, le cadre apaisé au sein duquel pour être garanti l’épanouissement de la Corse au sein de la République et de l’Union européenne.


              


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