Assemblée de Corse



Assemblée de Corse




Assemblée de Corse







Contribution du groupe Le Rassemblement

17 mars 2017






José Rossi, Président de groupe
José Rossi, Président de groupe

« Pour un partenariat renforcé avec l’Etat »

Depuis 35 ans, la Région Corse, puis à partir de 1992 la Collectivité Territoriale de Corse, dotée d’un statut particulier, d’un organe exécutif distinct de l’Assemblée, et de pouvoirs élargis par rapport aux autres régions, est en première ligne pour préparer l’avenir de notre île.
 
L’Assemblée de Corse, désignée à l’occasion de la préparation des Accords de Matignon comme la matrice de la vie démocratique insulaire, a par ses délibérations contribué de manière décisive à la modernisation de la Corse. Elle a répondu, avec les moyens qui étaient les siens, aux premiers impératifs du développement. Avec un concours renforcé de la solidarité nationale qui s’est exprimée notamment avec le PEI, les infrastructures de transport, portuaires, aéroportuaires, ferroviaires et surtout routières se sont considérablement améliorées.
 
De même, le dynamisme économique s’est affirmé. Entre 1990 et 2011, la croissance de la Corse était la plus importante des régions françaises, avec une progression de 2,3% par an en moyenne contre 1,4% pour la France entière. Certes, la structuration du tissu économique de la Corse est restée atypique avec un secteur tertiaire prédominant et un nécessaire rééquilibrage à opérer pour diversifier les activités productives. Néanmoins, la Corse a progressé considérablement au cours des dernières décennies malgré les vivissitudes qui l’ont fragilisées, notamment une violence pénalisante pour l’activité économique et inacceptable dans notre démocratie républicaine.
 
La Collectivité territoriale de Corse s’est saisie malgré tout de l’ensemble des sujets relevant de ses compétences, et elle a été souvent au delà de ses compétences. Au fil des majorités et des personnalités qui se sont succédées aux responsabilités depuis 1982, elle a travaillé et a apporté beaucoup de réponses dans les domaines de l’économie, du transport, de l’agriculture, de la culture, de l’identité linguistique, de la lutte contre la précarité ou la désertification médicale, de l’aménagement du territoire, ou de la mise à niveau numérique, …
 
A la veille de la refondation institutionnelle que constitue la création de la Collectivité de Corse, en lieu et place de l’ancienne Collectivité Territoriale de Corse et des deux conseils départementaux de Haute-Corse et de Corse du Sud, l’heure est à la reconnaissance du travail effectué au sein des institutions régionale et départementales. La feuille blanche évoquée par certains n’existe pas. La future Assemblée de Corse devra au contraire s’approprier le travail très réel porté par les conseillers territoriaux et départementaux depuis toutes ces années, un travail qui a contribué à faire progresser notre île et à améliorer le quotidien des Corses.
 
Mais les défis pour l’avenir restent majeurs. Pour être efficace, la future Collectivité de Corse devra être opérationnelle en terme de fonctionnement. Un nombre d’élus plus important, une administration et des compétences élargies, des traditions politiques différentes à concilier, imposent la recherche de pratiques et de règles nouvelles adaptées à de grandes ambitions.
 
Par ailleurs, la situation financière et budgétaire de l’institution nouvelle restera préoccupante. Pour assumer pleinement ses compétences, la Collectivité de Corse devra gérer avec rigueur un encours de la dette qui a trop fortement progressé. Elle devra en conséquence réaliser de vraies économies dans son fonctionnement, comme l’ensemble des collectivités locales françaises, pour éviter la facilité avec une augmentation insoutenable pour la population de la pression fiscale.

L’assistance ne saurait se substituer au développement de l’emploi.

L’investissement devra bien sûr être la vocation naturelle de l’intervention publique régionale. Il faudra poursuivre la réalisation des infrastructures nécessaires au développement. La nouvelle Collectivité en aura-t-elle les moyens au 1er janvier prochain ? On peut en douter. Aussi, formulons-nous avec insistance une demande de recherche d’une péréquation financière nationale ou interrégionale au bénéfice de notre territoire Corse qui est aujourd’hui le plus faible sur les plans économique et démographique. La création d’un fonds territorial d’investissement prolongerait naturellement cette démarche.
 
Pour l’avenir, notre famille politique entend affirmer avec force la priorité donnée à une croissance économique puissante et diversifiée de la Corse.
Notre île doit produire de la valeur ajoutée et créer sur sa terre des richesses nouvelles. L’assistance ne saurait se substituer au développement de l’emploi.
Pour cela, nous voulons une Corse attractive et une nouvelle Collectivité Territoriale prête à trouver des partenariats renforcés avec l’Etat dans des domaines stratégiques.
Demain, il faudra abandonner les discours populistes et la chimère de l’indépendance pour obtenir des résultats concrets en travaillant pour la prospérité de tous dans l’union insulaire la plus large.
 
 
José Rossi
Président du groupe Le Rassemblement


              


Dans la même rubrique :