Les musées de Corse

CORTE - Musée de la Corse, Le patrimoine vivant - U patrimoniu vivu du 23 juillet au 30 décembre 2016




Nous avons tous en mémoire des musiques, des chants et des danses, des contes, des jeux et des fêtes, des remèdes et des techniques hérités de nos ancêtres auxquels nous nous référons toujours en les adaptant au gré des circonstances...

Face aux mutations économiques et sociales, face à l’accélération de la mondialisation, la Convention de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (2003) est un dispositif international qui propose de reconnaître les pratiques culturelles et leurs acteurs comme éléments essentiels de la diversité des sociétés et de la créativité humaine. La connaissance du patrimoine culturel immatériel (PCI) apparaît comme un enjeu fort pour les territoires qui souhaitent s’inscrire dans une logique de développement durable. En Corse, région française à forte identité, il a une résonance particulière.

Aujourd'hui, poser la question du PCI en Corse, permet d'interroger la manière dont le patrimoine est perçu et vécu, intimement et collectivement, la manière dont celui-ci se crée et se transmet, avec quels enjeux et quels effets ; c’est questionner la puissance performative du patrimoine et la place de l’immatériel au musée.
La réflexion sera menée à partir d’une double entrée, celle du patrimoine et celle du territoire, permettant de dérouler la question des identités, des frontières et des circulations, c’est-à-dire des limites, de la perméabilité et des continuités du champ patrimonial (entre le matériel et l’immatériel) et des éléments du PCI qui peuvent être pratiqués par des communautés restreintes ou étendues, parfois sans continuité territoriale.

À travers quelques exemples de pratiques et expressions constitutives de l’héritage culturel de la Corse tel qu’il est transmis et constamment réactualisé, mises en regard avec des éléments inscrits sur les listes de l’Unesco représentatifs de la diversité des formes et des expressions du PCI à travers le monde, l’exposition abordera en particulier les notions de quotidien et d’exceptionnel, de public et de privé, de masculin et de féminin.

Le PCI relève à la fois du registre de l’intime – y compris dans ses manifestations exceptionnelles et collectives comme l’attachement au micro-territoire dont témoignent certaines fêtes – et de l’universel par la convention Unesco. C’est précisément parce qu’il est intime et divers qu’il est universel, et inversement.

Les modalités d’appropriation de cette « nouvelle » catégorie de patrimoine, reflet de la diversité culturelle, posent un certain nombre de questions. Comment peut-on sensibiliser les publics à l’importance et aux défis de la transmission, de la sauvegarde du PCI ? Comment susciter la réflexion sur les notions d’héritage culturel familial, local, régional, national ou universel ? Comment sauvegarder certaines pratiques et initier une dynamique participative et faciliter la mise en réseau d’acteurs sur et hors d’un territoire ? Cette exposition interroge la manière dont nous voulons transmettre, partager et valoriser cet héritage culturel. 

Le parcours de l'exposition s’organise en 3 séquences principales et présente plus de 250 œuvres et médias.


SÉQUENCE I : La Corse, un héritage culturel vivant et partagé

La Corse possède un patrimoine culturel riche, témoignage d’échanges multiséculaires. Ces influences et ces interactions s’expriment dans la musique et la littérature orale, dans les rites et les croyances, dans les usages populaires des plantes ou dans l’artisanat traditionnel, dessinant les contours d’une identité spécifiquement insulaire, inscrite dans un continuum culturel méditerranéen.

Transmises et adaptées par les individus et les groupes, de génération en génération, les expressions et les pratiques culturelles immatérielles sont porteuses d’un sentiment d’appartenance et créatrices de lien social : publiques ou privées, féminines ou masculines, profanes ou sacrées, rares ou répandues, elles enracinent les individus dans un territoire réel ou symbolique, dans une histoire et un imaginaire communs.

SÉQUENCE II : Comment se fabrique le patrimoine culturel immatériel ?

En 2003, l’UNESCO adopte la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (PCI), qui institue au niveau international une nouvelle catégorie de patrimoine. Cet instrument normatif et juridique offre une forme de reconnaissance et de protection aux expressions de la culture immatérielle qui vient ainsi « combler » les insuffisances de la Convention du patrimoine mondial datant de 1972.

Cette séquence explicitera les domaines concernés par la notion de PCI.

SÉQUENCE III : Du « local » au « global », un patrimoine culturel immatériel pour l’humanité ?

Aujourd’hui près de 300 éléments sont inscrits sur les listes internationales, et concernent plus de 160 Etats à travers le monde, témoignant de l’exceptionnelle diversité des formes du PCI. A travers quelques exemples de pratiques et d’expressions inscrites sur les listes internationales, il s’agit d’élargir les perspectives. Six éléments inscrits sur la liste PCI de l’UNESCO sont présentés pour montrer la diversité et la richesse du patrimoine immatériel de l’humanité, ouvrir des questionnements sur les pratiques et dégager les enjeux d’avenir.


           


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