Collectivité Territoriale de Corse

Accueil d'une délégation bretonne en visite d'étude sur la politique de promotion de la langue corse le 1er octobre 2012 à Corte

Vendredi 28 Septembre 2012



Accueil d'une délégation bretonne en visite d'étude sur la politique de promotion de la langue corse le 1er octobre 2012 à Corte
La Collectivité Territoriale de Corse, à travers sa Direction de la langue corse, accueillera une délégation bretonne pour une visite d’étude sur la politique de promotion de la langue corse les 1er et 2 octobre 2012. 

A cette occasion, Paul Giacobbi, Député de la Haute-Corse, Président du Conseil exécutif de Corse, Pierre Ghionga, Conseiller exécutif chargé de la langue corse, Lena Louarn, Vice-Présidente de la Région Bretagne et Fulup Jakes, Directeur de l’Office public de la langue bretonne tiendront une conférence de presse le lundi 1er octobre 2012 à 10 heures à Corte.


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La politique de la CTC dans le domaine de la langue corse

Le développement et la promotion de la langue corse figurent au cœur de la politique menée par la Collectivité Territoriale de Corse sur les plans socioéconomique et culturel.
Comme en témoigne la feuille de route relative à la langue corse adoptée en juillet 2011 par l’Assemblée de Corse, il est pour nous un devoir d’œuvrer à la sauvegarde, à la promotion et à la diffusion de notre patrimoine linguistique, en renforçant sa présence et sa visibilité dans tous les secteurs de la vie publique et privée.

L’organisation des Journées « Linguimondi » les 25 et 26 septembre 2012 avec la ville d’Ajaccio, en direction du grand public, est l’un des temps forts de cette politique de valorisation, en permettant d’élargir les perspectives en matière d’échanges avec des acteurs du développement linguistique, venus des quatre coins de l’Europe et de la Méditerranée.  

La politique linguistique en Corse

Depuis de nombreuses années, la nécessité d’un interventionnisme linguistique en Europe pour sauver les langues fait consensus. La France, pays doté d’une grande diversité linguistique doit elle aussi poursuivre le processus de reconnaissance et de promotion de ses langues, tel que l’a impulsé en son temps François Mitterrand. Plus récemment, le Président Hollande l’a assuré en annonçant son intention de ratifier la charte européenne des langues minoritaires. Il ne s’agit pas seulement d’une question linguistique mais bel et bien d’un enjeu politique.

Une langue, c’est un héritage, c’est un patrimoine, c’est une projection individuelle et collective dans l’avenir, c’est une opportunité d’échange et une responsabilité car il est du devoir de chacun de préserver et de promouvoir cet élément essentiel de la latinité, de la méditerranéité, en un mot de l’identité. Le climat apaisé sur l’île autour de cette question dont chacun a désormais compris l’importance peut déboucher sur un vote historique en donnant un véritable contenu à la coofficialité du corse et du français.

Le projet de société bilingue porté par la Collectivité Territoriale de Corse se veut résolument moderne dans une Corse qui s’assume riche de cette double culture. Les sociétés multiculturelles doivent donner à chacun le droit de pouvoir s’intégrer, de connaître le milieu dans lequel il souhaite vivre, de parler la langue du territoire dans lequel il s’inscrit dans tous les actes de la vie publique et privée.     

La politique linguistique menée n’est pas utopique mais pragmatique et progressive. A l’image de l’implication des élus bretons, de nombreuses régions se sont fortement impliquées dans la revitalisation linguistique en obtenant de très bons résultats, c’est à dire en arrivant à obtenir un nombre croissant de locuteurs, mais qui plus est à obtenir un nombre de jeunes locuteurs actifs en croissance exponentielle bien supérieur aux seuils nécessaires au maintien et à la transmission d’une langue !
Certaines régions sont en effet en voie de démocratiser l’accès à leur langue. L’espoir suscité par ces exemples est d’autant plus grand qu’aujourd’hui le corse semble davantage vivant que lorsque les régions catalanes, basques, galloises ou frisonnes se sont engagées pour la revitalisation de leurs langues. Si celles-ci ne sont plus directement menacées et si les politiques menées sont susceptibles d’inspirer celle de la CTC, il est cependant nécessaire de s’adapter au territoire insulaire et à sa population en proposant un propre modèle de recorsophonisation de la société, sans coercition mais avec des incitations positives. 

En Corse, l’érosion de la pratique spontanée contraste avec les représentations plus positives que la population a de sa langue et les importantes évolutions institutionnelles ou créatives enregistrées dans des domaines aussi divers que l’Ecole, les arts et les médias. Il n’en demeure pas moins que les moyens de promouvoir nos langues se heurtent encore aujourd’hui à différents obstacles juridiques : constitutionnels et institutionnels.
La proposition de statut de coofficialité que la Collectivité Territoriale de Corse va présenter à la prochaine session de l’Assemblée de Corse a pour objectif d’élargir les champs du possible en donnant au corse les mêmes droits que le français, en octroyant des moyens en vue de l’exercice réel de ces droits, tant au niveau de l’équipement de la langue que pour la formation des locuteurs. Le modèle de société bilingue que nous envisageons repose sur l’opportunité d’un mieux vivre ensemble en parlant plusieurs langues car à l’époque actuelle, en matière de langue, le handicap professionnel, culturel et linguistique, cela va sans dire, c’est le monolinguisme.

L'accueil de la délégation bretonne

Accueil d'une délégation bretonne en visite d'étude sur la politique de promotion de la langue corse le 1er octobre 2012 à Corte
La venue en Corse de cette délégation bretonne du Conseil régional et de l’Office public de la langue bretonne est un signal fort à l’attention de la Collectivité Territoriale de Corse car elle signifie qu’elle est sur la bonne voie et qu’elle n’est pas seule à l’emprunter.
La venue dès mercredi 3 octobre des partenaires du réseau européen pour la promotion de la diversité linguistique, (Network to Promote Linguistic Diversity) pour la tenue de son Assemblée Générale annuelle indique certes combien le chemin emprunté est long, mais aussi, que c’est le bon. Cette visite a pour but d’échanger sur les meilleures pratiques et sur les faiblesses de façon à améliorer le dispositif.
Le plan 2007-2013 arrivant à terme, l’heure est venue d’en dresser le bilan et d’ouvrir de nouvelles perspectives notamment pour la formation, l’apprentissage tout au long de la vie et la diffusion du corse dans la société en s’appuyant sur le nouvel horizon ouvert par le statut de coofficialité en projet.

Il s’agit de se rapprocher également d’autres acteurs de la revitalisation en rendant visite en novembre prochain à des institutions et des entreprises basques reconnues pour leur travail d’équipement, de normalisation et de diffusion du basque à tous les niveaux de la société. Ces échanges sont importants car ils permettent de dégager des pistes communes de travail utiles aux planifications à réaliser.

Concernant ces deux jours, les travaux sont orientés sur la politique éducative et sur les médias. Il s’agit des deux grands vecteurs historiques de diffusion de la langue depuis les réformes opérées par François Mitterrand. Seront également abordés les autres domaines d’expression de la langue comme la petite enfance, les activités sportives, le commerce, les collectivités locales…

Plusieurs orientations figurant dans l’actualisation de la politique linguistique régionale, adoptée à l’unanimité par le Conseil régional de Bretagne le 29 mars 2012, se réfèrent à l’exemple corse, qui présente un projet de politique linguistique original en France, notamment pour ce qui concerne la généralisation de l’offre d’enseignement bilingue ou d’enseignement de la langue corse et la présence de celle-ci dans les médias (existence de la chaîne Via Stella sur la TNT).

Dans la perspective d’une ratification par la France de la Charte européenne des Langues régionales et minoritaires, de l’adoption d’une loi-cadre en faveur des langues régionales et de l’Acte II de la décentralisation, qui ouvriraient la possibilité pour la Région Bretagne d’accélérer la mise en œuvre d’engagements importants de sa politique linguistique, il est intéressant d’étudier dans quelles mesures l'expérience corse pourrait être transposée ou adaptée la Bretagne et il a semblé opportun d’organiser une visite d’étude afin d’échanger avec les acteurs du développement de la langue corse sur les modalités des politiques qu’ils ont mises en place et les avancées obtenues grâce à ces politiques.

Les Conseillers régionaux de Bretagne ont ainsi prévu de rencontrer en premier lieu la Collectivité Territoriale de Corse pour échanger sur la politique linguistique qu’elle a mise en place, puis les acteurs des médias utilisant la langue corse (Via Stella, Frequenza Mora) et ceux de l’enseignement (présentation du programme de généralisation de l'enseignement du corse à l'école publique, visite d'un établissement scolaire bilingue, visite de l’Université).

L’ensemble des groupes politiques du Conseil régional ont désigné leurs représentants ainsi que le Conseil culturel, assemblée consultative, ce qui conduit la délégation à être ainsi composée :
  • Lena Louarn, Vice-présidente en charge des langues de Bretagne, groupe socialiste et apparentés & Présidente de l’Office public de la langue bretonne
  • Christian Anneix, Groupe socialiste et apparentés
  • Kaourintine Hulaud, Groupe socialiste et apparentés
  • Marie-Pierre Rouger, Vice-présidente en charge des lycées, groupe Bretagne Ecologie
  • Daniel Gilles, Vice-président en charge des sports, groupe communiste
  • Naig Le Gars, Groupe UDB - autonomie et écologie
  • Françoise Louarn, Groupe BDZ - élus de la droite et du centre
  • Joël Marchadour, Groupe BDZ - élus de la droite et du centre
  • Yannig Bigouin, Groupe Europe Ecologie Bretagne
  • Hervé Latimier, représentant le Conseil culturel de Bretagne.
Le chef du service des Langues de Bretagne accompagnera les élus.

Par ailleurs, la délégation sera accompagnée de Dominique Hannedouche, Directeur de TVR (télévision locale) et de représentants de France 3 Bretagne, ainsi que d’agents de l’Office public de la langue bretonne.