Collectivité Territoriale de Corse

La CTC présente une exposition itinérante consacrée à la Libération de la Corse

Lundi 9 Septembre 2013



La CTC présente une exposition itinérante consacrée à la Libération de la Corse
Paul Giacobbi, Député de la Haute-Corse et Président du Conseil exécutif de Corse, et Dominique Bucchini, Président de l’Assemblée de Corse ont inauguré l’exposition itinérante consacrée à la Libération de la Corse, à l’occasion des opérations de commémoration du 70ème anniversaire de cet évènement.

Cette cérémonie a débuté le 9 septembre 2013 à 10 h 55, à l’Hôtel de la Collectivité Territoriale de Corse, en présence de Kader ARIF, Ministre délégué auprès du Ministre de la Défense, chargé des Anciens Combattants.

Extraits du diiscours de Paul Giacobbi, Député de la Haute-Corse Président du Conseil exécutif de Corse

C’est avec fierté et une émotion non dissimulée que je prends la parole en cette fin d’après-midi pour évoquer cet épisode de l’histoire de la Corse au cours duquel ses habitants ont su, face à l’oppression, face à l’occupant nazi, face à l’indicible, se révolter et, au péril de leurs vies, faire de cette terre, le premier département métropolitain libéré.
Cette belle et noble page de notre histoire, je ne l’ai pas vécue comme beaucoup d’entre nous ici. Je la connais cependant car mes proches, comme les vôtres, ont participé à son écriture. Ils en parlaient peu, souvent ils n’en parlaient pas, ils estimaient simplement avoir fait leur devoir. Leur engagement allait de soi et ils considéraient qu’il n’y avait pas d’autre choix possible. On ne transigeait pas entre la liberté et la tyrannie.
Certains sont allés jusqu’au sacrifice ultime, payant de leurs vies cette opposition à la soumission et à l’asservissement.
Je pense à Fred Scamaroni naturellement à qui nous avons rendu un vibrant hommage ce matin. Ce gaulliste de la première heure n’a pas hésité à se trancher la gorge dans sa cellule pour éviter de livrer des renseignements aux chemises noires qui l’avaient préalablement atrocement torturé.
Je pense à Jean Nicoli qui, du fond de sa cellule, a écrit à ses enfants le 30 août 1943, avant que ses bourreaux ne viennent le chercher pour l’assassiner sauvagement, ces mots admirables griffonnés à la hâte sur l'emballage d'un paquet de cigarettes :
« A mes enfants. Tout à l'heure je partirai. Si vous saviez comme je suis calme, presque heureux de mourir pour la Corse et pour le parti. Ne pleurez pas, souriez-moi. Soyez fier de votre papa. Il sait que vous pouvez l'être, la tête de Maure et la fleur rouge, c'est le seul deuil que je vous demande. […] Je meurs heureux pour la cause que j’ai défendue, pour la Corse, pour le parti et pour les spoliés de la terre ».
Jean Nicoli est mort serein, sans regret.
Comme lui, Scamaroni et tous les patriotes insulaires qui sont morts torturés, assassinés ou au combat, tous ceux-là ont choisi la seule aventure qui soit, celle de la rébellion, celle de la révolte, celle de la France libre, faisant fi des clivages et des idéologies !
Naturellement, il nous appartient aussi de saluer la mémoire de tous ces maquisards, ces partisans, qui ont combattu et que le destin a choisi d’épargner. Nombre d’entre eux sont demeurés anonymes. D’autres, par les actes héroïques accomplis, sont devenus des personnages emblématiques.
Je citerai Paul Colonna d’Istria qui, après être rentré clandestinement en Corse, a su mener à bien la mission que le général Giraud lui avait confié, fédérer et coordonner tous les éléments de la Résistance. Ses initiatives ont contribué grandement à la victoire finale. Il a su aussi négocier avec le général italien Magli le ralliement des troupes régulières transalpines après la signature de l’armistice par l’Italie, intervenu la veille du soulèvement.
Je citerai Dominique Lucchini dit Ribeddu qui mena, dès le mois de novembre 1942, une lutte sans merci aux chemises noires et aux carabiniers, et au sujet duquel le général de Gaulle a dit : « Est sans doute le plus héroïque et le plus glorieux des patriotes corses ».
Après la guerre, Dominique Lucchini, héros modeste et dénué de toute prétention, deviendra maire de Cargiaca, son village natal, puis de Zerubia, un village voisin. Il y mena une existence paisible entouré des siens. Il symbolise à mes yeux, la vraie Corse, la seule qui vaille.
Mais la Corse ne s'est pas libérée seule, même si les résistants insulaires, dès le 9 septembre, n'écoutant que leur courage et mus par une soif irrépressible de liberté, lancèrent l'offensive sans attendre l'arrivée des troupes françaises.
 Il nous appartient de rendre hommage au 1er corps d'armée et au commando du 1er Choc. Leur détermination, leur ardeur au combat ont permis de hâter la victoire finale avec en point d'orgue la libération de la ville de Bastia, intervenue le 4 octobre 1943.
 Saluons la mémoire de ces soldats, Goumiers, Saphis, Tabors, tirailleurs marocains, artilleurs et troupes du génie.
 N'oublions pas la contribution de l'armée italienne qui, après la signature de l'armistice de son pays la veille du soulèvement, a combattu aux côtés des alliés. Ce fait historique demeure peu connu de la majorité des insulaires. Pourtant, ce sont les soldats transalpins qui payèrent le plus lourd tribut durant les opérations de libération. Plus de six cents d'entre eux sont morts au Champ d'Honneur. Aussi, je salue la présence parmi nous du Consul général d'Italie qui participe cette année, et ce n'est que justice, à ces cérémonies commémoratives.
 Mais soyons fiers de nos aînés à propos desquels le général de Gaulle sur cette même place qui porte son nom aujourd'hui, après avoir proclamé dans un discours resté célèbre, que la Corse était "le premier morceau libéré de France", a ajouté "les patriotes corses auraient pu attendre que la victoire des armées alliées réglât heureusement leur destin. Mais ils voulaient eux-mêmes être des vainqueurs".
 Puissions-nous nous inspirer de leur état d'esprit pour construire demain une Corse forte, une Corse solidaire, une Corse unie, pour l'avenir d'une jeunesse qui n'aspire qu'au progrès, au développement et à la paix.

Exposition 70ème anniversaire de la Libération de la Corse



La CTC présente une exposition itinérante consacrée à la Libération de la Corse
Pour en savoir + sur cette période de notre histoire, le Ministère de la Défense a publié une plaquette, La libération de la Corse, 9 septembre - 4 octobre 1943
mc35.pdf Plaquette  (99.65 Ko)